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Entretien
avec Wong Kar-wai, réalisateur de In The Mood for Love
Réalisateur
culte, Wong Kar-wai est considéré comme un des cinéastes
les plus brillants et novateurs de sa génération.
Son style à la fois survolté et mélancolique,
ses goûts musicaux, son romantisme branché et surtout
sa poésie simple et quotidienne ont aisément conquis
une cohorte d'admirateurs partout dans le monde. Toujours caché
par une paire de lunettes noires, le cinéaste cultive son
image mystérieuse et glamour. Fanfan Ko l'a rencontré
lors de la promotion chinoise de son dernier film In
The Mood for Love.
Dans
In the Mood for Love, on n'aperçoit jamais les deux
conjoints, pourquoi?
Je
ne condamne en rien les liaisons amoureuses dans ce film, or si
je montre 4 visages, les spectateurs attendront de moi que je donne
un jugement de valeur sur tel ou tel personnage. Je voulais juste
raconter l'histoire de deux personnages.
Certaines
scènes d'intimité ont paraît-il été
coupées...
Oui,
j'ai trouvé inutile de raconter cette histoire dans ses moindres
détails, il faut laisser libre l'imagination des spectateurs.
C'est une histoire qui parle d'un amour dissimulé, alors
il fallait bien que je dissimule quelque chose...
La
chambre d'hotel où se trouve Tony Leung porte le numéro
2046, ce qui est aussi le titre de votre prochain film...
Oui,
j'ai combiné les deux films en un. Vous savez, c'est une
torture quand on aime deux femmes en même temps, on aimerait
qu'elles ne fassent qu'une.
On
dit souvent que vous n'écrivez pas de scénario avant
le tournage de vos films. Est-il plus pratique pour vous d'écrire
pendant le tournage?
Pas
du tout, je n'aime pas cette façon de tourner qui ôte
pas mal d'heures de repos. En fait, j'écris toujours le jour
et je tourne la nuit.
Votre
façon de filmer a été reprise par de jeunes
réalisateurs tels Lou Ye (Suzhou River). Qu'en pensez
vous?
Eh
bien, je ne pense pas en terme de style quand je tourne un film.
Mais dans tous les films que j'ai tournés, il y a une compatibilité
entre le style et le sujet. Cependant, In the Mood for Love
est une exception, car il y a plusieurs histoires hors caméra
que j'ai laissées à l'imagination des spectateurs.
Vos
films ne sont pas des films commerciaux, pourtant ils ont bien marché
au box office. Comment expliquez vous cette réussite?
J'ai
vécu chacune des évolutions de l'industrie cinématographique
hong kongaise, je connais les goûts des spectateurs, alors
ceci explique peut-être cela.
Propos
recueillis par Fanfan KO
Entretiens avec Maggie Cheung et
Tony Leung
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