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Du
22 au 30 septembre, le festival international du film francophone
de Namur (Belgique) fête son 15ème anniversaire. 15 années de défense
acharnée de la francophonie dans tous ses états, de l'Europe à l'Afrique,
en passant par les ex-colonies asiatiques.
A
60 km de Bruxelles, Namur accueille une nouvelle fois les festivaliers
au sein de son architecture charmante et typiquement nordique. Avec
ses 25'000 habitants, la capitale de la Wallonie ne cache pas son
aspect bourgeois, même si elle reste connue comme une ville universitaire.
Comptant pas moins de 45'000 spectateurs l'an dernier, le festival
bénéficie d'une infrastructure très concentrée, regroupant dans
un périmètre réduit cinémas, restaurants et tente de rencontre.
De quoi réjouir les festivaliers lassés de courir d'une salle à
l'autre pour se retrouver dans des files d'attentes éternelles.
Point de cohue ici, juste une atmosphère calme et bonne enfant.
On peut ainsi croiser sans problème Sophie et Hélène Fillières (Aïe),
Olivier Assayas (Les
Destinées sentimentales), Mimie Mathy, Bernard Ménez (Les
Autres filles) ou Raoul Peck (Lamumba), venus présenter
leurs films respectifs.
Outre
un programme très éclectique et quelques longs métrage français
déjà sortis dans nos contrées, le festival se focalise cette année
sur la cinématographie suisse. Namur met ce pays à l'honneur et
permet de juger de sa production de documentaires et de fictions,
entre autre à travers trois films de la documentariste Jacqueline
Veuve et quelques classiques helvètes comme les célèbres Petites
fugues d'Yves Yersin et La salamandre d'Alain Tanner.
Quant
à la compétition officielle, dont la meilleure œuvre recevra la
Bayard d'Or, également décernée pour la première fois à la section
des courts métrages, elle représente autant le Maroc avec Ali
Zaoua de Nabil Ayouch, le Mali avec Bàttu de Cheick Oumar
Sissoko, le Québec avec L'invention de l'amour de Claude
Demers, la Suisse avec Azzurro de Denis Rabaglia et Mondialito
de Nicolas Wadimoff, la France avec Le battement d'ailes du papillon
de Laurent Firode ou le récent Princesses de Sylvie Verheyde,
le Vietnam, la Tunisie et la Belgique.
Le
programme hors compétition n'est pas en reste puisqu'il propose
la comédie Aïe de la française Sophie Fillière, L'affaire
Marcorelle de Serge Le Péron avec Jean-Pierre Léaud et Irène
Jacob, Les Destinées sentimentales d'Olivier Assayas ou le
très attendu Lumumba de Raoul Peck, qui met en scène le héros
de l'indépendance congolaise. D'autres œuvres, présentées dans une
section "découverte", méritent toute l'attention des spectateurs.
Ainsi, l'étrange et expérimental Le dernier plan de Benoît Peeters,
affirme un style romanesque qui utilise vidéo, super-8 et 35mm.
Le film, bien qu'un peu trop théorique, a la particularité d'être
les premiers pas cinématographique d'un scénariste de bandes dessinées
célèbre, souvent associé au grand dessinateur François Schuiten.
Les autres filles de Caroline Vignal et L'origine du monde
de Jérôme Enrico, avec Roschdy Zem en vedette, agrémentent encore
cette section.
Tout
festival n'étant rien sans avant-premières, Namur est allé faire ses
commissions et ramène un peu de tout dans son caddy. On notera surtout
le poignant Les marchands de sable de Pierre Salvadori,
Ca ira mieux demain, comédie de Jeanne Labrune (Si je t'aime,
prends garde à toi), Charmant garçon, premier film de l'acteur
Patrick Chesnais, le peu drôle La Bostella de l'ex-animateur
télé Edouard Baer et l'alléchant Sous le sable, dernière œuvre
du prolifique François Ozon. Un large programme de documentaires,
dont l'inoubliable Vies
d'Alain Cavalier, amènera un autre regard, complémentaire à la fiction.
De quoi se réjouir des découvertes et curiosités innombrables que
le festival de Namur ne manquera pas de faire partager.
Rafael Wolf
Palmarès
:
Bayard
d'or du meilleur film: Le battement d'ailes du papillon de
Laurent Firode (France)
Prix spécial du Jury: La faute à Voltaire d'Abdel Kechiche
(France) avec une mention spéciale pour Mua Oi, la saison des
Goyaves de Dang Nhat Minh (Vietnam)
Bayard d'or de la meilleure comédienne: Rabiaa Ben Abdallah pour
La saison des hommes de Moufida Tlatli (Tunisie/France)
Bayard d'or du meilleur comédien (ex-aequo) : Mounïm Kbab, Mustapha
Hansali, Hicham Moussoune et Abdelhak Zhayra pour Ali Zaoua
de Nabil Ayouch (Maroc/France)
Bayard d'or du meilleur scénario: Azzurro de Denis Rabaglia
(Suisse)
Bayard d'or de la meilleure contribution artistique: Que faisaient
les femmes pendant que l'homme marchait sur la lune? de Chris
Vander Stappen (Belgique/ France/Québec/Suisse)
Bayard d'or du meilleur court métrage: Walking on the wild side
de Dominique Abel et Fiona Gordon (Belgique)
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