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Pour
la sixième année, la ville de Genève accueillera le Festival Cinéma
Tout Ecran. Cette manifestation, sise dans les murs de la Maison
des Arts du Grütli, est née d'un simple constat: des œuvres de plus
en plus originales et pertinentes voient régulièrement le jour sur
l'ensemble des petits écrans du globe sans que l'attention du public
n'y soit suffisamment portée.
Depuis 1995, le festival a donc pour vocation de présenter des films
de fictions de qualité, des films d'auteurs produits par ou pour
la télévision. Pari réussi puisque depuis six ans, les organisateurs
alternent avantageusement entre des auteurs confirmant leur passage
d'un écran à l'autre (Atom Egoyan, Michael Haneke, Hal Hartley)
et la découverte de nouveaux talents (Stephen Surjik avec Little
Criminals en 1996, Simon Cellan-Jones avec In Your Dreams
en 1997).
Au cours des éditions précédentes, on a pu voir la manifestation
se développer pour trouver, d'abord son public, mais aussi la reconnaissance
des professionnels. L'influence de la télévision ne cesse d'ailleurs
de croître et dispose, pour certains pays notamment, de moyens impressionnants,
tant au niveau financiers que technologique (la série des Misérables
sur TF1 en France, ou encore aux Etats-Unis les mini-séries produites
par Hallmark Entertainment comme Merlin ou The Odyssey). Hallmark
qui présentera justement cette année une nouvelle version de Jason
and the Argonauts, réalisée par Nick Willing (le très beau Photographing
Fairies) avec Frank Langella, Natasha Henstridge et Dennis Hopper.
Composé des producteurs Paolo Branco et Werner Schweizer, de l'actrice
Arsinée Khanjian, de la réalisatrice Samira Makhmalbaf et de l'écrivain
Marie Nimier, le jury aura la tâche de départager les quatorze films
en compétition officielle. Mais ce ne sont pas moins de cinquante
films et séries ainsi que près de quatre-vingt courts métrages qui
seront présentés durant la semaine.
Décalé d'un mois par rapport aux éditions précédentes, le festival
prendra donc place cette année du 30 octobre au 5 novembre. On pourra
y découvrir les œuvres de quelques grosses pointures du grand écran
venues donner un aperçu de leur talent dans le petit, mais aussi
celles d'habitués de ce dernier. Du côté des stars, le nouveau film
de Stephen Frears, Fail Safe, réalisé pour Warner Bros. Telvision
(avec Richard Dreyfuss, George Clooney et Harvey Keitel) devrait
faire parler de lui. Hal Hartley présentera quant à lui Kimono,
réalisé dans le cadre de la série "Erotic Tales" et Arturo Ripstein
Asi
es la vida (C'est la vie) produit pour ARTE. Mais
les acteurs ne sont pas en reste puisque l'on pourra admirer les
dernières prestations de Jeremy Irons (Longitude de Charles
Sturridge), de Kathleen Turner et Katrin Cartlidge (Cinderella
de Beeban Kidron) ou encore de Timothy Dalton et Christopher Plummer
(Possessed de Steven de Souza).
Vocation international oblige, l'axe sera surtout mis sur la pluralité
des nations représentées. Avec des œuvres en provenances des télévisions
de Croatie (Delusion de Zeljko Senecic), d'Allemagne (Grüne
wüste de Anno Saul), du Japon (Himitsu de Yojiro Takita),
de la Suède (Screwed in Tallin de Tomas Alfredson), des Pays
Bas (Total Loss de Dana Nechushtan) et bien sûr des Etats-Unis,
de la Grande-Bretagne, de la France et de la Suisse (eux largement
représentés), les organisateurs ont ainsi tenus à élargir leur champ
d'action.
Mais l'intitulé du festival -Cinéma Tout Ecran- en dit aussi long
sur l'ambition des organisateurs. Outre ces films produits par/pour
la télévision, on y trouvera une sélection d'avant premières cinéma:
Brother de Takeshi Kitano, Ca ira mieux demain
de Jeanne Labrune, Riffed de Lorenzo Gabriele et
Le Tableau noir de Samira Makhmalbaf. Ouvert aux nouvelles
technologies, le festival lancera également un concours de courts
métrages réalisés pour Internet. Les films devront être réalisés
dans l'année et le film gagnant, élu par un jury peu avant la prochaine
édition, sera présenté à cette occasion. Les amateurs peuvent obtenir
des informations complémentaires à l'adresse suivante: info@cinema-tout-ecran.ch
L'année précédente, un effort considérable avait été fourni dans
le but d'améliorer les qualités de projections (certains films ne
bénéficient pas de copies 35mm et sont donc projetés en vidéo).
Cette année, le parc de salles s'élargit à la mesure des ambitions
du festival et celui-ci saura à coup sûr à nouveau contenter la
ferveur d'un public grandissant et enthousiaste, preuve, s'il était
encore besoin d'en apporter, que la télévision n'est définitivement
pas une menace pour le cinéma.
Christophe
Pinol
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