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Présentation
et bilan de la session d'automne 2000 :
C'est
au Château de Beychevelle bâti sur un parc en plein vignoble du
Médoc que se tenait pour la quinzième fois, une session des ateliers
d'écriture Equinoxe. Un lieu propice à la réflexion où tout est
calme luxe et volupté. Rappelons le principe d'Equinoxe : réunir
des scénaristes sélectionnés, une douzaine, et confronter leur travail
à l'expérience d'une dizaine de scénaristes et réalisateurs de réputation
mondiale qui les aident à peaufiner leur scipt. Les 12 scénaristes
sélectionnés pour participer à ces ateliers, venaient du monde entier.
(Equinoxe a 11 bureaux de correspondants aux quatre coins de la
planète). On y croisait aussi bien un Australien, qu'un Américain,
un Norvégien, une Yousgoslave, un Espagnol, qu'une Canadienne ou
bien encore des Belges et des Français.
Parmi eux, quelques pointures comme Jacques Audiard qui fut intervenant
à Equinoxe, et était présent pour perfectionner son troisième scénario,
et Christophe Ruggia dont le film Le Gone du Chaâba a été
initié grâce à Equinoxe et a recueilli le succès que l'on sait.
Parmi les intervenants, beaucoup d'européens comme la scénariste
norvégienne Bibi Moslet (Prozac, Aberdeen, Lime..),
l'Allemande Susanne Schneider(Solo for Clarinet, Firerider),
la productrice anglaise Amanda Schiff(Crime of the Century, Wax)
ou les scénaristes français Pascal Bonitzer ( Encore, Rien
sur Robert ), Alain Godard (Wings of courage, Enemy
at the Gates), les réalisateurs belges Alain Berliner (Ma
vie en Rose), Jaco Van Dormael ( Toto le Héros, Le huitième
Jour), et quelques américains comme le scénariste et réalisateur
John Fasano (Alien 3, Judge Dredd, Megiddo and Six), la productrice
Marcia Nasatir (U-Turn, Thin Red Line…), et le scénariste
David Field (Passion of Mind). Des professionnels venus généreusement
mettre leur talent, leur savoir faire et leur expérience au service
de débutants ravis d'être là pour apprendre d'eux mêmes et des autres
et surtout ne plus être seul face à leurs doutes et leurs questionnements.
Les journées à Equinoxe sont réglées comme du papier à musique,
avec de 10 heures à 13 heures et de 14heures à 18 heures, les fameux
ateliers où chaque scénariste confronte son scénario à un intervenant
qui l'a lu avant la session. Le but de ces ateliers est de radiographier
le scénario, afin de remettre en question sa structure, le caractère
des personnages, l'intérêt de certaines scènes dans le but de les
renforcer ou de les abandonner, l'intérêt de certains personnages,
la pertinence des dialogues… Des séances de travail denses et souvent
psychologiquement "remuantes " pour des scénaristes peu ou pas du
tout habitués à ce que leur travail soit confronté au regard des
autres. Cependant Equinoxe n'est pas le bagne. Hormis les ateliers,
nos scénaristes et leurs intervenants se retrouvent autour de déjeûners
et de dîners préparés avec soin par le personnel du château. Une
occasion de continuer à échanger des idées d'une manière moins formelle,
arrosée de vins de Bordeaux dont le fameux château Beychevelle.
Et le soir on peut aussi assister à des projections de films , choisis
parmi ceux qui ont été initiés grâce à Equinoxe comme celui de Ilan
Duran Cohen La Confusion des genres projeté en présence du
réalisateur dans une petite salle de cinéma d'une trentaine de places
construite dans un ancien chais.
Noëlle Deschamps la directrice artistique de l'association couvent
ses scénaristes tout au long de ces ateliers, elle est toujours
présente pour discuter avec eux, les rassurer, les encourager, être
à leur écoute. Nous l'avons rencontrée sur place et dresse un bilan
de cette édition.
" Pour cette dernière session du siècle nous avons eu une grosse
représentation d'intervenants européens et pour la première fois
une participation de femmes scénaristes ou réalisatrices. Les femmes
qui sur ce métier arrivent à un moment de leur carrière où elles
se dévoilent et peuvent rendre ce qu'on leur a donné. Pour moi,
cette session a été un réel bonheur en partie grâce à la qualité
et à la diversité des intervenants. Je dis toujours qu'un atelier
réussi c'est avec un intervenant parfait, c'est-à-dire un intervenant
qui aurait toutes les qualités : celles du cinéma commercial, celles
du cinéma international, celles du scénario spécifique et une 'approche
du scénario très large. Je crois que sur cet atelier, les intervenants
ont représenté tout cela à la fois dans une vraie complémentarité
et un vrai bonheur. Face à eux, la sélection des scénarii était
tout aussi représentative d'une cinématographie qui est en train
de changer. Les scénaristes issus de différents pays donc de cultures
variées, apportaient une richesse dans les sujets proposés. C'est
probablement l'un des plus beaux foisonnements que l'on ait eu en
15 ateliers.
Comme à chaque fois , il y a un genre qui émerge dans les scénarios,
les auteurs qui à mon sens sont des éponges y font passer leur préoccupation
. Près de la moitié développaient des histoires dans lesquelles
les enfants sont les protagonistes et pas mal d'autres abordaient
de vrais problèmes d'éthique de vie, une préoccupation de ce début
du siècle. Si on me demande s'il y a un scénario que je préfère,
je réponds que je les aime tous, comme j'aime tous les films qui
se sont faits grâce à Equinoxe. Vous savez, c'est déjà un grand
courage que d'écrire, de vouloir réaliser, quand c'est la même personne,
je connais tout le processus qui les attend maintenant pour arriver
à la production. Je souhaite que les participants aient aujourd'hui
le courage de réécrire, que l'expérience qu'ils ont vécu ici n'ait
pas été trop douloureuse, que les producteurs embrassent leur travail
et que le financement soit plus simple. Je pense que l'originalité
et le courage doivent être récompensés ".
Prochaine édition Equinoxe, fin mars 2001.
Si vous voulez y participer : envoyer votre scénario, un c.v et
une note d'intention le tout en 3 exemplaires à
cette adresse.
Christine
Quenon
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