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Portrait
de Renée Blanchar :
Renée Blanchar est l'une des jeunes scénaristes présente
à Beychevelle. Cette Canadienne a débuté sa carrière dans le cinéma
en faisant des études à la Femis, c'était il y a dix ans. A cette
époque elle fut choisie pour devenir ni plus ni moins jurée au festival
de Cannes sous la présidence de Wim Wenders, c'était en 1989. En
1990, son film de fin d'études, La vie sur Mars remporte
de nombreux prix et la chaîne de télévision Radio-Canada le diffuse.
Rentrée au pays elle est l'auteur de plusieurs courts métrages de
fiction et de nombreux documentaires : les Pinces d'or en
1991 sur les pêcheurs de crabe de la péninsule acadienne, Vocation
Ménagère en 1995, sur les ménagères de curés et récemment
Le Temps X qui dresse le portrait de la génération X canadienne.
A Equinoxe, Renée Blanchar est venue avec son script Le Testament,
l'histoire de quatre femmes réunies à Vancouver autour d'un homme
mort dont chacune a été la maîtresse à un moment de sa vie et qui
sont toutes ses héritières. Julien Pratt, le défunt a simplement
exprimé un souhait dans son testament : que ses cendres soient remises
par les quatre rentières à une cinquième femme. Toutes ignoraient
l'existence de cette dernière qui s'avère être la fille de leur
amant. Ce road movie a été remis en question par les intervenants
d'Equinoxe et Renée Blanchar doit retravailler le script dans sa
totalité. Elle nous explique comment elle s'est retrouvée au Château
Beychevelle et comment elle a vécu cette expérience :
" Je crois que dans la vie je suis toujours là un peu par hasard
et au bon moment. Je ne connaissais pas l'existence d'Equinoxe.
J'habite une petite ville du Canada et je vis à la campagne. C'est
une amie documentariste qui savait que je n'étais pas très satisfaite
de la version de mon scénario qui m'a parlé de l'association. J'envoie
donc mon script avec une lettre d'intention et je suis sélectionnée.
Je me retrouve dans un lieu vraiment extraordinaire et magique où
je me fais retourner comme une crêpe. ". Elle rit et poursuit :
" J'ai été très malmenée, tellement que je me suis dit, c'est pas
possible qu'il y ait eu 480 scénarios plus mauvais que le mien.
(Sur 500 scénari envoyés à Equinoxe, 12 sont retenus).
" En ce qui me concerne, mon scénario a besoin d'être retravaillé
et c'est cela que tout le monde m'a dit. Heureusement que je suis
d'un tempérament qui est capable d'accepter la critique, sinon je
ne sais pas comment je serais sortie de cette semaine. Mais au delà
du scénario, mon séjour ici a été déterminant. C'est difficile à
verbaliser pour le moment. C'est plus un sentiment et pour l'instant
pas un sentiment rassurant. Quand je dis déterminant, c'est pas
juste un scénario que je vais retravailler, mais je vais aussi changer
ma façon de travailler et j'ai envie de le faire. Est-ce que je
vais y arriver ou pas ? je n'en sais rien mais il faut que j'aille
au bout de l'aventure.
Ce que je pense d'Equinoxe ? Je trouve extraordinaire que quelqu'un
ai pensé à faire un truc comme cela. Je pense par contre qu'il faut
vraiment venir ici avec la plus grande ouverture d'esprit possible
parce que c'est un processus pénible. On remet vraiment tout sur
la table. Et c'est cela l'enjeu : pouvoir rester ouvert à ce qu'on
nous dit et tenir son idée. Ce que j'ai découvert aussi ici, ce
sont les autres scénaristes. Généralement quand on écrit on est
seul. Aujourd'hui je sais qu' à Londres, Bruxelles ou Paris, j'ai
des amis eux-mêmes scénaristes qui vont lire mon scénario et me
dire vraiment ce qu'ils en pensent et çà je trouve que c'est fabuleux.
"
Propos
recueillis par Christine Quenon
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