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Consacré
au film Noir sous toutes ses formes et à travers toutes ses déclinaisons,
le "Noir in Festival" de Courmayeur rassemble depuis neuf ans une
sélection à la fois pointue et diversifiée de films de genre. Polars,
films fantastiques et comédies font ainsi bon ménage dans ce "petit"
festival italien fort sympathique qui fête cette année sa 10ème
édition.
Située dans le Val d'Aoste, encaissée au beau milieu d'un cirque
de montagne, la ville de Courmayeur voit chaque année sa fréquentation
augmenter à vue d'œil à l'approche du festival; même si celui-ci
n'en est d'ailleurs pas entièrement responsable. Car Courmayeur
n'est pas seulement une charmante petite ville abritant une manifestation
à l'ombre du Mont-Blanc, mais c'est aussi une des stations de ski
les plus huppées du pays. Le "Noir in Festival" marquant en quelque
sorte le début de la saison, il est n'est pas rare, le soir, de
trouver des cinéphiles acharnés côtoyant des skieurs émérites lors
de séances particulièrement chaudes.
Car l'un des grands attraits du festival pour le public, est que
les séances sont entièrement gratuites. On pourrait alors penser
que les organisateurs de la manifestation se contentent de rassembler
quelques films autour d'un thème original, mais non, pas du tout.
Car ceux-ci sont en fait de véritables cinéphiles qui n'aiment pas
faire les choses à moitié. Compétition officielle, sections parallèles,
tables rondes, débats, films restaurés, ... le "Noir in Festival"
réserve chaque année son lot de surprises. A ce titre, tous festivaliers
se souvient encore de la mémorable rencontre entre William Friedkin
et Dario Argento en 1997. Ce dernier est d'ailleurs un des parrains
les plus actifs de la manifestation.
Peut-être aurons-nous droit, cette année, à une présentation de
son dernier film, Non ho sonno ("je ne veux pas dormir" en
français) ? Même si celui-ci ne sera pas terminé avant la fin janvier,
il n'est pas interdit de penser que son réalisateur fasse un petit
cadeau au festival en présentant, par exemple, quelques extraits...
D'autant plus qu'aura lieu la projection exceptionnelle de La
Venere d'ille. Co-réalisé pour la télévision en 1978 par Mario
et Lamberto Bava (père et fils qui signaient là, respectivement,
leur dernière et première mise en scène), le film vient d'être restauré
par le Musée National du Cinéma. Les liens qui unissent ce film
à Dario Argento sont si nombreux qu'il ne serait pas étonnant que
celui-ci nous honore au moins de sa présence. Non seulement Argento
a largement été influencé par les premiers giallos signés Mario
Bava (ce dernier réalisa même pour Dario quelques séquences d'Inferno);
mais Argento a également produit des films du fils Bava, cette fois,
(Demoni, Demoni 2); et puis, at last but not least,
l'interprète principale de La Venere d'Ille, Daria Nicolodi,
est surtout celle qui fût sa femme pendant de nombreuses années...
Au rayon compétition, outre quelques films déjà sortis dans nos
contrées (Ordinary Decent Criminals,
Nurse Betty, Une
Affaire de goût, Bless the Child et Urban Legends:
The Final Cut), les festivaliers auront tout de même droit à
quelques événements de taille. Les premières Européennes de Unbreakable
(Incassable) de M. Night Shyamalan et de Vertical Limit
de Martin Campbell; deux films italiens en avant-première mondiale
(Lupo Mannaro d'Antonio Tibaldi et Un Delito impossibile
d'Antonello Grimaldi); le superbe The City of the Lost Souls
de Takashi Miike déjà vu à L'Etrange Festival; un thriller lesbien
avec Kelly McGillis et Susie Porter (The Monkey's Mask de
Samantha Lang); un champion du box-office des Pays-Bas, Leak
de Jean van de Velde; The Contender de Rod Lurie, un thriller
d'actualité puisqu'il se déroule sur fond de campagne électorale
américaine et le thriller coréen Nowhere to Hide de Myung-see
LEE sont tous attendus avec impatience.
Dans la section documentaire, nous guetteront notamment les projections
des deux films co-réalisés par Joe Berlinger (Blair Witch 2:
Book of Shadows) et Bruce Sinofsky, Paradise Lost: The Child
Murders at Robin Hood Hills et Revelations: Paradise Lost
2, qui traitent d'une série de meurtres sataniques perpétrés
dans une petite ville du sud des Etats-Unis.
Mais le festival se chargera aussi de nous rappeler qu'avant le
film Noir existait bien sûr le roman Noir. Une palette d'auteurs
invités feront ainsi le point sur l'état actuel de ce genre en littérature.
John Ridley (auteur et scénariste de U-Turn pour Oliver Stone),
Jean-Christophe Grangé (auteur et scénariste des Rivières
pourpres pour Matthieu
Kassovitz) et Douglas Preston (auteur de The Relic de
Peter Hyams) seront notamment présents pour répondre aux questions
du public.
A côté de ça, une série de débats autour du thème de la criminalité
(chez les jeunes, dans la presse, à travers les nouvelles techniques
liées à internet,...) réuniront des magistrats, des journalistes,
des metteurs en scène et des politiciens.
De quoi faire de Courmayeur la capitale mondiale du film Noir au
beau milieu, espérons-le, d'un beau tapis blanc si la neige est
bien au rendez-vous.
Christophe Pinol
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