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Présentation
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Depuis
toujours, Le Caire fait office de capitale du monde arabe de l'art
en général. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oil à son superbe musée
des Arts pour s'en persuader. De ce fait, il était donc normal que
le Festival International du Film du Caire s'impose en vitrine du
cinéma, non seulement du monde arabe, mais également du cinéma mondial.
Ne surnomme-t-on d'ailleurs pas Le Caire l'"Hollywood du Moyen Orient"?
L'Egypte
elle-même a une grande tradition cinématographique qui remonte aux
années 30. Mais c'est bien avant déjà, qu'elle commence à fasciner
l'Occident. Que ce soit à travers certaines oeuvres de William Shakespeare
ou issues de l'industrie Hollywoodienne (de Cecil B. de Mille à
Stephen Sommers avec The Mummy), on en trouve les traces.
Lancé
en août 1976 par l'association égyptienne des écrivains et des critiques,
le Festival International du Film du Caire était encore non compétitif
jusqu'en 1990. Cette année-là, une étude annonçait le festival comme
étant la deuxième manifestation sans compétition la plus importante,
juste après le festival de Londres. Du coup, fort de cette reconnaissance,
le festival entamait les démarches qui allaient l'amener, dès l'année
suivante, à devenir une manifestation compétitive.
Cette
année, la compétition nous permettra de découvrir les productions
de treize nations différentes représentées par les dix-huit films
de la sélection. Stand By de Roch Stéphanik (France), Edge
of Night de Nikos Panayotopoulos (Grèce), Wrota Europy de
Jerzy Wocik (Pologne), The Detour de Frouke Fokkema (Pays-Bas),
A Sigh de Feng Xiaogong (Chine), Envy of Gods de Vladimir
Menshov (Russie), Lisbao de Antonio Hernandez (Espagne) ou
encore A Map of the World de Scott Elliot (Etats-Unis) sont
ainsi quelques-uns des candidats pour l'obtention de la Pyramide
d'Or.
Un
jury composé du metteur en scène et producteur Roland Joffe (qui
fait aussi office de Président), de l'actrice égyptienne Lubna Abdel-Aziz,
du réalisateur italien Alessandro d'Alatri, et, notamment, du réalisateur
iranien Abbas Kiarostami, se chargera de remettre les nombreux prix
représentés -en dehors des pyramide d'Or et d'Argent- par des répliques
de statues de princes et de roi égyptiens.
L'Italie
est définitivement à l'honneur cette année. Outre deux films en
compétition (Winds of Passion de Sandro Cecca et Tobia
al Caffe de Gianfranco Mingozzi), ce sont trois stars mondiale
du cinéma qui vont être à l'honneur au Caire. D'abord Sophia Loren
qui, il y a quelques jours, a inauguré cette vingt quatrième édition
du festival. L'inoubliable interprète de La Comtesse de Hong
Kong (A Countess From Hong Kong) et de Pain, amours
et fantaisies (Pane, amore e...) s'est vu remettre un
des prix d'honneur du festival avant de lancer officiellement le
festival avec la projection de Dancer in the Dark de Lars
von Trier. Et d'ici quelques jours, c'est le metteur en scène de
Identification d'une femme (Identificazione di una donna),
de L'Avventura et de Blow Up, Michelangelo Antonioni
(du moins on l'espère car il était tombé malade ces derniers jours),
ainsi que Ornella Mutti qui viendront clore ce festival et recevoir
eux aussi un prix d'honneur.
Grands
amateurs de cinéma iranien, le public égyptien aura, pour les premiers
jours de la manifestation, marqué son affection pour le dernier
Lion d'Or du Festival de Venise, The
Circle de Jafar Panahi ainsi que pour le premier des deux
films iraniens de la compétition, The Legend of Love de Farhad
Mehranfar. Mais c'est surtout la projection de The Storm
de Khaled Yossef qui devrait déclencher un petit parfum d'hystérie
au sein du festival. Car non content d'être le seul film égyptien
en compétition, The Storm est en plus réalisé par celui qui
est l'assistant réalisateur de Youssef Chahine depuis 1992 et qui
livrait là son premier film.
Au-delà
de la simple compétition, le festival se concentre également sur
un certain nombre de section parallèles plutôt intéressantes. La
catégorie "Festival of Festivals" propose une sélection de films
ayant marqués les festivals de ces douze derniers mois, une "Romantics
Section" se charge de faire le point sur un peu oublié et les organisateurs
proposent également une sélection de films étrangers produits ou
réalisés par des arabes.
Avec
plus de cent vingt films sélectionnés, le Festival International
du Film du Caire s'impose comme le plus grand festival du continent
Africain.
Christophe
Pinol
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