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A l'origine conçu pour présenter des premiers films d'école de cinéma,
le Festival de Belfort naît une première fois en 1969. Dix-sept
ans plus tard, en 1986, un second accouchement accueille Entrevues,
la nouvelle facette du Festival qui, depuis, se consacre non seulement
aux premières œuvres, mais également aux deuxièmes et troisièmes.
Doté d'une compétition généralement bien garnie, le Festival Entrevues
se caractérise également par des rétrospectives thématiques intéressantes
et approfondies.
Cette année, "Le bon mariage du paysage et de la fiction", une sélection
de films où le décor a été utilisé comme véritable protagoniste,
rassemblera l'inévitable Aguirre, der Zorn Gottes (Aguirre,
la colère de Dieu) de Werner Herzog, Wagonmaster (Le
Convoi des braves) de John Ford, Wild River (Le Fleuve
sauvage) d'Elia Kazan, la Caméra d'Or Cannes 1997 Moe no
Suzaku (Suzaku) de Naomi Kanase, Viaggo in Italia
(Voyage en Italie) de Roberto Rossellini et encore bien d'autres.
La rétrospective Alain Resnais fera, elle, un large tour d'horizon
de sa filmographie à travers la présentation de vingt quatre de
ses films tandis que la sélection "A deux doigts de la peur" se
chargera de revenir sur certains des films les plus marquants du
genre. El Angel exterminator (L'Ange exterminateur)
de Luis Bunuel, Le Locataire et Rosemary's Baby de
Roman Polanski, La Chute de la maison Usher de Jean Epstein
et I Walked With a Zombi (Vaudou) de Jacques Tourneur
sont quelques-uns des principaux titres.
"Aider des films à être vus, leur donner un public, et parfois révéler
un cinéaste, défendre une certaine conception du Cinéma", voilà
quelques-uns des objectifs que les organisateurs du Festival du
Film de Belfort placent en exergue de leur manifestation, non sans
une certaine sagacité.
Au niveau compétition, seize films concourront pour deux Grand Prix,
celui du meilleur film français ainsi que celui du meilleur film
étranger. Pour la France, Paria,
de Nicolas Klotz, déjà primé au Festival de Genève et de San Sebastian,
Ça c'est vraiment toi, de Claire Simon, ou encore La Squale,
de Fabrice Génestal feront face aux étrangers O Fantasma de
Joao Pedro Rodriguez, au touchant Our Song de Jim McKay,
découvert cette année au Festival de Locarno, et au puissant
Requiem for a Dream de Darren Aronofsky.
A côté de ça, une compétition de courts métrages et de documentaires
ainsi qu'un programme consacré au patrimoine cinématographique mondial
pimenteront plus encore, si besoin est, les jours et les nuits de
Belfort du 25 novembre au 3 décembre.
Christophe Pinol
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