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Téhéran - Toronto sur pellicule.
Pour son édition an 2000, la programmation très riche et pointue
du festival d'automne s'est dirigé dans deux directions qui peuvent
paraître éloignée l'une de l'autre mais qui se rejoignent tout de
même sur certains points fondamentaux.
D'un côté le Canada et l'un de ses représentants les plus controversé
: David Cronenberg pour une rétrospective intégrale de son œuvre
et de l'autre l'Iran et ses cinéastes les plus représentatifs.
Ces deux thèmes se rejoignent principalement par le fait que Cronenberg
tout comme ses collégues iraniens ne fait aucune concessions formelles
et surtout une lutte sans merci avec la censure.
L'intégrale Cronenberg permettra aux spectateurs de découvrir, outre
ses films les plus connus et reconnus (Crash, Faux semblants,
le Festin Nu, Existenz, ...) les films de courts ou
de moyen métrage, la plupart inédits en France et qui ont forgé
le style incisif et spécial du metteur en scène.
Sa présence en France pendant plusieurs jours, permettra au public
de rencontrer le réalisateur lors de plusieurs conférences dans
divers lieux. L'univers pénétrant et étrange du réalisateur sera
prolongé par une exposition de ses objets tous plus bizarres les
uns que les autres à l'espace Cardin et au centre culturel canadien.
La renommée, depuis quelques années, du cinéma iranien ne cesse
de grandir au vu des prix internationaux que ses cinéastes récoltent
dans les plus grands festivals (Abbas Kiarostami, palme d'or, Samira
Makhmalbaf, prix du jury au festival de Cannes 2000 avec
le Tableau Noir, Le
Cercle de Jafar Panahi, Lion d'or à la Mostra de Venise,
Djomeh de Assan Yetapanah, caméra d'or, ...).
Cette rétrospective permettra de découvrir des cinéastes et des
films peut-être moins connus mais tout aussi intéressant dans leur
reflet d'une société.
Ainsi depuis les premiers films iraniens modernes (La nuit du
bossu de Farrokh Ghaffary, les premiers films d'Amir Naderi,
...) au plus récentes productions telles que Le
Cercle de Jafar Panahi ou Saman
de Rafi Pitts en passant par
une partie moins connue de la filmographie d'Abbas Kiarostami ou
la filmographie d'une jeune et rare réalisatrice iranienne, Rakhshan
Bani-E'tamad, la programmation est riche et pasionnante.
De plus de nombreux réalisateurs et réalisatrice seront présents
en France pour l'occasion, certains pour la première fois. Le public
pourra ainsi rencontrer notamment Rafi Pitts, Abolfazl Jalili, Farokh
Ghaffary, Rakhshan Bani-E'tamad et Amir Naderi, exilé à New-york
après des années de luttes avec la censure iranienne que ce soit
sous le Shah ou pendant la révolution islamique.
Une programmation très riche, des événements et des conférences
à ne pas manquer font de ce festival d'automne de Paris une manifestation
à privilégier lors de vos prochaines sorties.
Frédéric Leconte
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