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Un
peu à l'instar du cinéma italien, le cinéma allemand fait partie
de ces grandes cinématographies en crise et moribonde bien loin
de l'éclat d'un passé qui fit de lui une place forte et essentielle
de l'histoire du cinéma. Est-ce une raison cependant pour le bouder
?
C'est la question que se sont posée les organisateurs de ce Festival
du Film Allemand qui entre dans sa cinquième année et qui propose
une sélection de dix films inédits en provenance directe d'Outre-Rhin.
Parmi ces dix oeuvres, nombreuses sont celles qui ont déjà fait
le tour des festivals internationaux, preuve s'il en est d'une certaine
vitalité du cinéma germanique.
On peut ainsi citer Illumination Garantie de Doris Dörie,
vu à Berlin et à Rotterdam cette année, Crazy
de Hans-Christian Schmidt projeté sur la Piazza Grande de Locarno,
L'Angleterre de Achim von Borries et alaska.de de
Esther Gronenborn, tous deux présents récemment à San Sebastian
et même à Toronto pour le deuxième, L'Adieu de Jan Schütte
présenté à Un Certain Regard à Cannes et surtout L'Insaisissable
d'Oskar
Roehler avec la magnifique Hannelore
Elsner, très remarqué cette année à la Quinzaine des Réalisateurs
à Cannes et lauréat du " Deutsche Filmpreis ", équivalent du César
du meilleur film en Allemagne.
Mais ce n'est pas seulement le présent de la production germanique
que le Festival prétend embrasser, puisque son futur sera représenté
par un programme de courts métrages justement intitulé " Next Generation
" et projeté jeudi 12 à 19 heures.
Et pour ce qui est du passé, les spectateurs auront le choix entre
deux perles de Lubitsch, La Princesse aux Huîtres et La
Dubarry, accompagnés au piano et projetés le lundi 16 à 19h
et 21h, et une rétrospective consacrée à Reinhard Hauff.
Moins connu que Fassbinder, Herzog ou Wenders, Hauff est pourtant
une figure centrale du Nouveau Cinéma Allemand des années 70 avec
des films qui interrogent la conscience politique allemande. Egalement
documentariste pour la télévision, Hauff est depuis 1993 à la tête
de la Film und Fernsehakademie (dffb), institution que le festival
nous invite également à connaître dans cette sélection nommée "
Provoquer la Réflexion ".
Ainsi entre inédits du présent et raretés du passé, le Festival
du Film Allemand offre la précieuse opportunité de s'intéresser
à des films injustement mis au ban des écrans de cinéma français.
Yannis Polinacci
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