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Festival Tous Courts d'Aix en Provence
du 2 au 9 décembre 200

Le Tous Courts s'ouvre sur des airs de Latin Jazz

En cette soirée du samedi 2 décembre, le public se presse en masse devant la façade du Cinémazarin, le cinéma Art et Essai d'Aix en Provence. Certains d'entre eux affluent pour venir voir les films à l'affiche comme In the mood for love ou Les Blessures Assassines, d'autres prennent une petite porte sur le côté afin d'éviter la queue devant la caisse et se présenter directement devant le guichet de fortune improvisé pour accueillir les festivaliers de la 18ème édition du Festival Tous Courts.

S'ouvrant d'habitude le lundi, le Tous Court a préféré cette année prendre ses aises et débuter en plein week-end. Et ce n'est pas le seul changement de cette nouvelle levée puisque lorsque la présentation commence, c'est un nouveau président qui prend la parole : Pierre Marie Jouany. Aux côtés de la déléguée générale et de l'ancien président reconverti en programmateur, il annonce le menu de la semaine. Au programme, certes des courts métrages, puisque le festival est réputé depuis des années comme l'une des plus importantes compétitions en France, mais, nouveauté, des courts métrages qui désormais viennent du monde entier.

Essentiellement Européen jusqu'alors, le Tous Courts ouvre en effet sa compétition à des oeuvres des cinq continents (ou presque). Aux habituels français, allemands ou italiens, se joignent donc des films australiens, iraniens et asiatiques (Japon et Corée notamment). Profitant du regain d'intérêt pour ces derniers, le festival propose même une intéressante sélection hors compétition de films courts asiatiques, parmi lesquels on retrouve la Palme d'Or cannoise Anino du Philippin Raymond Red ou encore une série de films issus de la K.N.U.A, la Korean National University of Art, dont le directeur Choi Min est présent en personne en tant que membre du jury.

Membre de la coordination européenne des festivals, une des missions du Tous Courts est aussi de faire découvrir le patrimoine cinématographique européen. Après avoir parcouru l'essentiel de l'Europe avec des rétrospectives consacrées à un pays différent, le festival propose cette année un programme nommé 15 fois 15, une idée fondée sur un principe simple : 15 festivals des 15 pays de l'Union Européenne ont chacun demandé à un réalisateur de leurs pays de choisir un film du patrimoine national peu connu ou peu diffusé hors de ses frontières. C'est ainsi que des personnalités comme Théo Angelopoulos, Michael Haneke, Lars von Trier, Bertrand Tavernier, Jim Sheridan, Johan Van Der Keuken ou Manoel de Oliveira se sont toutes prêtées au jeu pour proposer un programme riche, composé, pour la plupart, de films inédits. Certains réalisateurs, sélectionneurs ou sélectionnés, sont présents pour parler de leurs choix.

L'un d'entre eux, l'Espagnol Fernando Trueba, qui a choisi un film de 1961 Placido, devait en profiter également pour présenter son dernier film Calle 54, sorte de Buena Vista Social Club consacré au Latin Jazz. Mais le cinéaste lauréat de l'oscar du meilleur film étranger en 1992 pour Belle Epoque, n'a pu faire le déplacement. Il fut donc remplacé par son chef opérateur Jimmy Glasberg, Aixois d'origine et membre du jury.

Malgré cette absence, et celle du très attendu Neil Jordan annoncé pour présenter un de ses premiers films Angel, les festivaliers auront largement de quoi se rattraper avec André Delvaux, qui animera notamment une leçon de cinéma, et Jack Cardiff, réalisateur britannique surtout réputé pour son travail de chef opérateur et de maître du Technicolor, ayant travaillé sur de nombreux classiques de l'histoire du cinéma comme African Queen de John Huston, Les Amants du Capricorne d'Alfred Hitchcock, Guerre et Paix de King Vidor ou La Comtesse aux Pieds Nus. Il viendra présenter Une Question de Vie et de Mort de Michael Powell et Emeric Pressburger, avec lesquels il a travaillé à de nombreuses reprises, obtenant l'Oscar de la meilleure photographie pour Le Narcisse Noir. Cette rencontre constituera, à n'en pas douter, le point d'orgue de cette 18ème édition.

Yannis Polinacci

 


affiche

Calle 54

Les Chaussons Rouges, éclairé par J. Cardiff

 

 


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