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Le Tous Courts s'ouvre sur des airs de Latin Jazz
En cette soirée du samedi 2 décembre, le public se presse en masse
devant la façade du Cinémazarin, le cinéma Art et Essai d'Aix en
Provence. Certains d'entre eux affluent pour venir voir les films
à l'affiche comme In the mood for love ou Les Blessures
Assassines, d'autres prennent une petite porte sur le côté afin
d'éviter la queue devant la caisse et se présenter directement devant
le guichet de fortune improvisé pour accueillir les festivaliers
de la 18ème édition du Festival Tous Courts.
S'ouvrant d'habitude le lundi, le Tous Court a préféré cette année
prendre ses aises et débuter en plein week-end. Et ce n'est pas
le seul changement de cette nouvelle levée puisque lorsque la présentation
commence, c'est un nouveau président qui prend la parole : Pierre
Marie Jouany. Aux côtés de la déléguée générale et de l'ancien président
reconverti en programmateur, il annonce le menu de la semaine. Au
programme, certes des courts métrages, puisque le festival est réputé
depuis des années comme l'une des plus importantes compétitions
en France, mais, nouveauté, des courts métrages qui désormais viennent
du monde entier.
Essentiellement Européen jusqu'alors, le Tous Courts ouvre en effet
sa compétition à des oeuvres des cinq continents (ou presque). Aux
habituels français, allemands ou italiens, se joignent donc des
films australiens, iraniens et asiatiques (Japon et Corée notamment).
Profitant du regain d'intérêt pour ces derniers, le festival propose
même une intéressante sélection hors compétition de films courts
asiatiques, parmi lesquels on retrouve la Palme d'Or cannoise Anino
du Philippin Raymond Red ou encore une série de films issus de la
K.N.U.A, la Korean National University of Art, dont le directeur
Choi Min est présent en personne en tant que membre du jury.
Membre de la coordination européenne des festivals, une des missions
du Tous Courts est aussi de faire découvrir le patrimoine cinématographique
européen. Après avoir parcouru l'essentiel de l'Europe avec des
rétrospectives consacrées à un pays différent, le festival propose
cette année un programme nommé 15 fois 15, une idée fondée sur un
principe simple : 15 festivals des 15 pays de l'Union Européenne
ont chacun demandé à un réalisateur de leurs pays de choisir un
film du patrimoine national peu connu ou peu diffusé hors de ses
frontières. C'est ainsi que des personnalités comme Théo Angelopoulos,
Michael Haneke, Lars von Trier, Bertrand Tavernier, Jim Sheridan,
Johan Van Der Keuken ou Manoel de Oliveira se sont toutes prêtées
au jeu pour proposer un programme riche, composé, pour la plupart,
de films inédits. Certains réalisateurs, sélectionneurs ou sélectionnés,
sont présents pour parler de leurs choix.
L'un d'entre eux, l'Espagnol Fernando Trueba, qui a choisi un film
de 1961 Placido, devait en profiter également pour présenter son
dernier film Calle
54, sorte de Buena Vista Social Club consacré au
Latin Jazz. Mais le cinéaste lauréat de l'oscar du meilleur film
étranger en 1992 pour Belle Epoque, n'a pu faire le déplacement.
Il fut donc remplacé par son chef opérateur Jimmy Glasberg, Aixois
d'origine et membre du jury.
Malgré cette absence, et celle du très attendu Neil Jordan annoncé
pour présenter un de ses premiers films Angel, les festivaliers
auront largement de quoi se rattraper avec André Delvaux, qui animera
notamment une leçon de cinéma, et Jack Cardiff, réalisateur britannique
surtout réputé pour son travail de chef opérateur et de maître du
Technicolor, ayant travaillé sur de nombreux classiques de l'histoire
du cinéma comme African Queen de John Huston, Les Amants
du Capricorne d'Alfred Hitchcock, Guerre et Paix de King
Vidor ou La Comtesse aux Pieds Nus. Il viendra présenter
Une Question de Vie et de Mort de Michael Powell et Emeric
Pressburger, avec lesquels il a travaillé à de nombreuses reprises,
obtenant l'Oscar de la meilleure photographie pour Le Narcisse
Noir. Cette rencontre constituera, à n'en pas douter, le point
d'orgue de cette 18ème édition.
Yannis
Polinacci
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