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Dieu sait si la rumeur était terrible : un tournage commencé quasiment
sans scénario, avec des actrices-productrices se déchirant sur le
plateau, en proie à des querelles intestines de divas et de cachets.
Bref, l'idée de faire, après tant d'autres, un nouveau remake d'une
série culte de la télé des années 70 ne commençait pas sous les
meilleurs auspices, et le studio, en l'occurrence la Columbia, prévoyait
le pire, le sinistre, le film loupé, raté, le tout pour un budget
faramineux bon à passer par pertes et profits…
Et puis, voilà qu'on organise il y a peu à Los Angeles les premières
" sneak previews " et que le " buzz ", ô surprise, se révèle plutôt
bon. Le film procure aux premiers spectateurs un " fun " terrible
! Et la sortie dans les salles américaines confirme vite que
Drôles de Dames loin d'être un naufrage, sera à l'arrivée
une excellente affaire : la barre des l00 millions de dollars sera
vite atteinte après un démarrage à 40 millions dès le premier week-end.
Et ce n'est que justice : Farrah Fawcett peut se réjouir. La suite
pour grand écran ressuscite les héroïnes cultes en les adaptant
au goût du jour avec un punch et un brio communicatifs. Drew Barrymore,
qui est aussi la coproductrice du projet, a bien joué son coup.
La petite fille de Lionel Barrymore, tombée dans le cinéma quand
elle était petite (elle était la gamine du ET de Spielberg et depuis
cinq ans on ne voit plus qu'elle) fait des débuts prometteurs des
deux côtés de la caméra.
Comment vous résumer ce James Bond au féminin ? Les Charlie's Angels
sont mises sur un coup énorme : retrouver l'homme qui a volé un
logiciel ultra secret pouvant fournir à un magnat de la communication
internationale des pouvoirs démesurés. Pour cela nos charmantes
créatures doivent se transformer en geishas,en pilotes de courses
ou en stars du close combat. Elles n'ont guère le temps de flirter,
et leurs rares ébats amoureux sont souvent interrompus par de terribles
bagarres. Le charme du film réside dans le mariage de quelques ingrédients
simples mais efficaces : un rythme trépidant, un univers visuel
très " seventies " qui fait penser au récent Austin Powers
pour son côté nostalgie satirique, une bande musicale idoine, et
des scènes dignes des meilleurs films de sabre, actuellement très
à la mode. Au milieu de ce trio ultra sexy, il faut dire que la
petite nouvelle venue de chez Ally Mc Beal, la chinoise Lucy
Liu se taille un beau succès et vole un peu la vedette à ses deux
copines, tellement son physique sur mesure fait des ravages en tenue
cuir ou stretch…Mais Cameron Diaz fait mieux qu'assurer, et la pulpeuse
Drew Barrymore s'est réservée quelques scènes choc que je vous laisse
la surprise de découvrir.
En résumé, le réalisateur mystère McG qui a signé le film est passé
des clips et de la pub à un budget de près de 100 millions de dollars
avec un talent évident qui devrait lui valoir quelques beaux lendemains.
Son collage de séquences est un superbe hommage à tous les polars
sortis des années 60 à nos jours, de James Bond et Bullitt
à Matrix en passant par Blake Edwards et la Party.
Pas de quoi attraper la migraine, mais la bonne soirée est garantie.
Et le résultat est aussi délicieux qu'excitant. Merci aussi à l'ineffable
Bill Murray et au mystérieux Charlie qui garde son mystère, of course…
La chorégraphie de l'ensemble est aussi éblouissante que la plastique
de nos drôles de dames…Courez-y, vous ne le regretterez pas !
Michel PASCAL
coups
de coeur précédents :
Infidèle
In The Mood for
Love
The Yards
La Route d'Eldorado
Dancer in the
Dark
Au Nom d'Anna
Bread and Roses
La Captive, Woman
on Top, Virgin Suicides
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