Découvrez un Festival
Notre Sélection
Choix par pays, mois
Festivals du mois, de la semaine
Affiches
Toronto - Deauville
Cannes - Oscars - Berlin
Archives
Découvrez un Film
Notre Sélection
Choix par pays, année
Gallerie
Toronto - Deauville
Cannes - Oscars - Berlin
Newsletter
Recherche
Liens

Semaine précédente

 

Splendor in the Dark

Cannes joue parfois de drôles de tours aux films…Ce qui arrive à Dancer in the Dark ressemble un peu à ce que nous avons connu il y a quelques années avec La Leçon de Piano de Jane Campion. Un film reçu d'abord avec éblouissement et ferveur par la majorité de la presse, couronné par une Palme d'Or, et vivant du coup un curieux retournement de la critique quelques mois plus tard, comme si la récompense et le succès public venaient jeter de l'ombre sur l'œuvre elle-même…

Oublions cela pour se pencher sur le cheminement de cette " Palme des Larmes " comme on l'appelle déjà. C'est d'abord l'étonnant parcours d'un artiste unique en son genre,Lars Von Trier, une sorte de météore venu du froid et du Danemark, l'un des surdoués incontestables de sa génération et dont l'avènement passe entièrement par le Festival de Cannes, film après film, depuis Element of Crime, (Grand Prix de la Technique en l984) jusqu'à Europa ( deux fois primé pour sa contribution artistique et prix du Jury ex-aequo en l991 ) puis Breaking the Waves et sa reconnaissance internationale (Grand prix du Jury à Cannes l996, César du meilleur film étranger et nomination aux Oscars pour Emily Watson). Sans oublier Les Idiots projetés en l998, et qui posèrent les règles du " Dogme " ce vœu de chasteté fait par Lars Von Trier et ses amis en rejetant les trucs et ficelles du cinéma commercial pour retrouver la pureté originelle de l'image captée par la caméra sans le moindre artifice.

Il est clair que Lars Von Trier, moins aimé chez lui que dans le reste du monde, doit beaucoup à Gilles Jacob, son découvreur et sélectionneur infatigable, qui a su bien avant les autres déceler chez cet artiste rare des qualités devenues aujourd'hui évidentes, même si elles ne sont pas consensuelles,et c'est tant mieux.

L'autre point fort de ce Dancer in the Dark qui ne ressemble à rien de connu, c'est évidemment le choc de la rencontre avec un OVNI, la chanteuse islandaise Björk née à la scène et à la chanson depuis l'âge de onze ans. Plus que la batterie des fameuses cent caméras videos pour les séquences musicales, c'est son visage enfantin et lunaire qui embarque le spectateur dans la magie poignante d'un incroyable mélodrame dont le dénouement est imprévisible (respectez le vœu du cinéaste, ne le racontez pas à vos amis… ! ). C'est aussi la beauté sauvage de sa musique punkie et métallique qui charme et agresse à la fois…On n'a jamais vu le " musical hollywoodien " passé à pareille moulinette, celle de la tête de Selma, la jeune tchèque émigrée qui voit le rêve américain se transformer jour après jour en cauchemar climatisé pour son plus grand malheur.

Provoquant, dérangeant, ce film est un terrifiant " west side drama " qui laisse le public pantois, en sanglots ou la gorge nouée. C'est le record absolu de l'usage de kleenex dans l'histoire du festival de Cannes. Mais c'est un tel monument - auquel Catherine Deneuve, David Morse, et Joel Grey , le meneur de jeu de Cabaret, apportent tous leur talent et leur magie - qu'on ne peut l'éviter.

Embarquez vous dans ce mélo fleuve, pleurez tout votre saoûl, et après seulement, vous aurez le droit d'avoir un avis sur Dancer in the dark.

Michel Pascal



Dancer in the dark

Dancer in the dark

Dancer in the dark

 


> Ajoutez à vos favoris > A notre propos > Annoncez
>
Recrutement > Conditions d'utilisation > Contactez nous