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Les blagues new-yorkaises sur les prêtres et les rabbins sont légion,
il suffit de passer quelques heures ou quelques jours à Manhattan
pour en entendre à foison. C'est ce déclic qui a fait passer derrière
la caméra un acteur devenu célèbre des deux côtés de l'Atlantique,
Edward Norton, Le voilà qui imagine une nouvelle variante, façon
Jules et Jim : l'histoire de la super blonde sexy qui est
la vieille copine d'enfance des deux mêmes garçons. Après l'adolescence,
chacun vit sa vie. Elle est devenue business woman, et par dépit
sentimental, les deux jeunes hommes sont allés au bout de leur vocation
religieuse, l'un comme rabbin et l'autre comme curé. Mais voilà,
la jolie copine resurgit dans leur vie au moment où ils s'y attendent
le moins, et là, les ennuis commencent…La tentation est forte pour
les deux hommes. L'un a le droit de se marier, mais pas question
d'épouser une goy…Quant à l'autre, il a fait vœu de chasteté…
Pauvre Jake, pauvre Brian et pauvre Anna ! Comment lutter contre
toutes ses tentations et tous ses interdits à la fois !
Pour se décider à tourner son film, Edward Norton a demandé conseil
à tous les grands qui l'avaient dirigé auparavant, de Woody Allen
à Milos Forman qui lui fait même cadeau d'une petite apparition
dans son film. Le résultat est une comédie légère, à la fois piquante
et romantique, et s'inspirant aussi bien de l'univers de Truffaut
que des dernières sitcoms qui font des ravages sur le petit écran
comme " Sex and the City " ou " Ally McBeal ".
Le film ne se prend jamais au sérieux, mais il est parfaitement
maîtrisé et joué. Si on devait lui faire un léger et unique reproche,
c'est de n'avoir pas su couper ici ou là les dix minutes qui viennent
inutilement ralentir son rythme. Nous aurions bel et bien alors
été du côté de Cukor et des comédies américaines de la grande époque
dont on raffole…
Mais tel quel, Au nom d'Anna (Keeping the Faith) est
une des bonnes surprises de cette rentrée, un premier film plein
de tonus et de charme. Scénario et dialogues parfaitement ciselés,
servis par un trio épatant. Bien sûr, Edward Norton est des deux
côtés de la caméra. Il s'est octroyé le rôle du jeune catholique
titillé par le charme et les charmes de son ex-amie d'enfance, qui
rêverait bien de lui faire croquer la pomme, histoire de goûter
au paradis sur terre…Le rabbin est joué par un comédien en pleine
ascension, l'irrésistible interprète de Mary à tout prix,
Ben Stiller. Il est tout simplement formidable dans les méandres
métaphysico-charnels où il se débat, entre Dieu et le Diable…Quant
à la belle égérie, c'est une nouvelle venue sur le grand écran mais
bien connue des habitués de M 6 qui la voient dans la série Dharma,
il s'agit de Jenna Elfman. Elle damnerait un saint. Alors, pourquoi
pas vous ?
Michel Pascal
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