EDITO
6
septembre - 6ème jour
Singing
in the rain
Le
titre de l’édito n’était pas difficile à trouver ce soir au vue du
temps actuel plutôt maussade (doux euphémisme) et surtout de l’hommage
Hollywood musicals en présence non pas de stars mais de légendes vivantes
: Leslie Caron, Mickey Rooney et Joël Grey.
L’hommage
présentera d’abord un montage produit et réalisé par André Halimi,
délégué général du festival et réalisateur de multiples émissions
télévisées, qui regroupe sur une vingtaine de minutes, un florilège
d’extraits de comédies musicales
. L’hommage se suivra par la présentation du film Center Stage
(Danse ta Vie) de Nicholas Hytner. Côté avant première, le
dernier film de Barry Levinson, Liberty Heights, sorte de chronique
en partie autobiographique d’une famille juive dans le quartier de
Liberty Heights à Baltimore, ville de naissance du réalisateur. Le
film, plein de tendresse, d’émotion et d’humour est une réussite.
Le casting parfait (Joe Mantegna, Bebe Neuwirth) comme d’habitude
dans les films de Levinson qui avait offert un de ses meilleurs rôles
à Robin Williams dans Good Morning Vietman, donne corps et
âme au film.
Les festivaliers lève-tôt qui ne sont donc pas allés à la fête U571
hier soir qui entre parenthèse fut une véritable réussite à tous les
niveaux : musique (variée et dansante), décor (images sur de nombreux
écrans avec effets à volonté), boissons, nourriture au top et people
(jury, Matthew Mc Conaughey, …); ces festivaliers donc ont raté le
magnifique (de l’avis de tous ceux qui s’y sont rendus) Titus, version
actualisée et gore de la pièce de Shakespeare Titus Andronicus.
Côté
compétition, la journée fut marquée par la présentation de deux films
: Songcatcher et Two Family House. Le second, réalisé
par Raymond Filitta, fut très applaudi. Récit basé sur la vie de l’oncle
du réalisateur dans les années 50, le film raconte comment un homme
d’origine italienne, ouvrier et chanteur frustré, rêve d’ouvrir un
bar et croise sur sa route une jeune irlandaise qui accouche d’un
bébé noir. Sans être débordant d’inventivité scénographique, le film
a surtout touché par la simplicité et l’humanité de son sujet.
Au
sortir de ces projections, le public dut une fois encore avoir affaire
à la pluie et au vent. De quoi rappeler, en mode mineur, l’ouragan
qui s’abat sur Richard Gere dans le dernier film de Robert Altman
Dr T and the Women. Cette histoire de gynécologue confronté
à un univers surféminisé (ses clientes, ses secrétaires, sa femme,
ses filles, ses nièces, sa petite amie, la petite amie de sa fille…)
continue de faire parler d’elle, notamment à cause de sa fin étrange
et un brin provocante. Le cinéaste mysanthrope s’est expliqué ce matin
en conférence de presse. Après un échange comique avec une journaliste
qui lui demandait quel effet cela faisait de filmer les parties génitales
fémines, il a notamment expliqué le choix de Richard Gere pour interpréter
ce rôle : « Il a tout de suite compris que ce film se moquait de l’image
qu’il avait dans ses films habituels et que les media donnaient de
lui. Il y a quelques années, le magazine People l’a élu l’homme le
plus sexy du monde. Qui d’autre aurait pu mieux interpréter ce gynécologue
que l’homme le plus sexy du monde ! »
Décidément avec la pluie, c’est bel et bien l’orage Altman qui s’est
abattu sur le festival.
Nous fêterons enfin demain le grand retour sur les planches deauvillaises
d’un des quatre cowboys de l’espace, Tommy Lee Jones, qui viendra
seul cette fois défendre son dernier film en tant que comédien : Rules
of engagement (l’enfer du devoir) réalisé par le réalisateur culte
de l’Exorciste, William Friedkin
Frédéric Leconte, Yannis Polinacci
