EDITO
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septembre - 4ème jour
The
Rocky Honored Sarandon Show
Journée très chargée pour le festivalier endurant et volontaire en
déplacement à Deauville cette année puisque outre la venue de Takeshi
Kitano, venu présenter son ultra violent Brother et l’hommage à une
grande femme du cinéma américain, Susan Sarandon, c’était aussi le
début de la compétition officielle.
Et
qui dit compétition dit forcément jury. Un jury placé sous la présidence
de Neil Jordan entouré de Clotilde Courau, Marie Trintignant, Daniele
Thompson, Vincent Perez, Tcheky Karyo, Guillaume Canet, Samuel Le
Bihan, Philippe Labro et François Ozon
Le jury sera chargé de choisir parmi les dix films en compétition
dont les deux premiers étaient projetés aujourd’hui : Girlfight de
Karyn Kusama, jeune réalisatrice et Let it Snow des frères Marcus
(Adam et Kipp). Le premier avait déjà été fort remarqué au Festival
de Films de Femmes de Créteil et à la Quinzaine des Réalisateurs à
Cannes cette année. Il raconte l’histoire d’une jeune latino-américaine
qui désire apprendre la boxe, sport cinématographique par excellence,
dans les quartiers chauds de New York.
Le
film démarre sur des chapeaux de roue et le moins que l’on puisse
dire, c’est qu’il ne manque pas de punch. La volontaire Diana Guzman
est interprétée par une véritable révélation : Michelle Rodriguez,
une jeune actrice stupéfiante de force et de présence intérieures
et dont le regard de braise évoque riens moins que le Brando de l’Equipée
Sauvage ou de Sur les Quais. Après les juges arbitres de boxe, ce
drôle de phénomène, filmé par une cinéaste souvent inspirée, pourrait
bien convaincre un autre jury : réponse en fin de semaine.
Mais le grand moment attendu de tous aujourd’hui était sans conteste
l’hommage à cette merveilleuse actrice que l’on a pu découvrir dans
The Rocky Horror Picture Show en 1975 et qui, depuis, n’a cessé de
réjouir les spectateurs avec des rôles émouvant et marquant (Thelma
et Louise, Lorenzo, La dernière marche). Une actrice magnifique doublée
d’une mère exemplaire et d’une femme engagée. Engagement contre la
peine de mort dont elle a pu longuement et brillament exposer les
origines et les raisons lors de la conférence de presse cet après
midi.
C’est
en effet après le film La dernière Marche, dans lequel elle interprète
une sœur qui se bat contre la peine de mort qu’elle s’est sentie impliquée
de manière plus personnelle par le problème. « On m’a souvent demandé
si quelqu’un tuait un de mes enfants,est-ce que je n’aurais pas envie
de le tuer moi-même. Mais c’est précisément depuis que j’ai des enfants
que je comprends mieux pourquoi je dis non. Je ne peux en effet pas
leur inculquer la non violence si l’Etat et la société dans lesquels
ils vivent s’adonnent à ce genre de barbarie. » Ces propos ont évidemment
rempli la salle d’admiration et ont fait honneur à une femme rayonnante
de beauté et de conviction.
Venue accompagnée de son réalisateur et acteur de mari, à savoir Tim
Robbins, elle s’est alors ensuite rendue à l’hommage que le festival
avait décidé de lui rendre. L’attendait là, dans les coulisses, un
de leur grand ami commun, Morgan Freeman, que l’on avait pu voir avec
Tim Robbins dans Les Evadés.
Avant de descendre sur scène, Susan Sarandon salua le public depuis
le promenoir, à la manière d’une Eva Peron au balcon. Le duo Morgan
Freeman – Tim Robbins n’a d’ailleurs pas manquer d’illustrer la situation
d’un « Don’t cry for me Argentina … » sous les applaudissements nourris
du public.
Très heureux de cet accueil, le couple s’est alors dirigé vers la
scène après un montage d’extraits issus de la filmographie de Susan
Sarandon. Et ce fut le président du jury, Neil Jordan en personne
qui a alors remis le trophée (les parasols d’or) à Susan Sarandon.
La journée d’hommage se finira sur une note gastronomique offerte
par Canal Plus.
L’autre
héros de la journée, idôle au pays du soleil levant, plus par ses
prestations télévisuelles déjantées que par ses films, à savoir Beat
Takeshi – c’est le nom sous lequel il est connu au Japon- viendra
présenter ce soir son premier film de production américaine, Brother.
Ce film noir d’une violence inouïe est un véritable coup de tonnerre,
un diamant ciselé à la puissance ténébreuse. On en reparle demain
puisque Kitano évoquera son dernier chef d’œuvre en conférence de
presse, à moins qu’il ne s’esquive derrière ses clowneries légendaires.
Ce soir aura lieu aussi le désormais traditionnel diner des deauvillais
au Casino.
Enfin et comme vous le savez un de nos films et de nos équipes préférées,
les space cowboys même repartis de Deauville, vivent encore des aventures
en France. Ils sont en effet en ce moment en goguette à Paris où ils
vont assister à une soirée à la fondation Georges Pompidou. Des bruits
courrent comme quoi ils rencontreraient à l’occasion quelques personnalités
politiques : Jacques Chirac, Lionel Jospin ? Plus de précision très
bientôt.
Journée encore très chargée en perspective demain avec le dernier
film de Robert Altman, l’hommage au producteur Dino de Laurentiis
avec la projection de sa dernière production, U571 et la suite de
la compétition avec Boiler Room et Happy Accident avec Marisa Tomei.
Frédéric Leconte, Yannis Polinacci
