EDITO

3 septembre - 3ème jour

Freeman en "Garde à Vue"

Pour en finir définitivement avec nos amis cowboys de l'espace, la soirée d'hommage à Clint Eastwood, fut un grand moment de plaisir non seulement sur scène mais aussi autour de l'orchestre de jazz réuni pour l'occasion sous une tente magnifiquement décorée à côté de l'hôtel Royal.

Morgan Freeman venu remettre le trophée à Clint Eastwood, très ému de cet honneur, a recu tout comme l'ensemble de l'équipe une ovation méritée.

P. Labro et O AssayasLa délégation française présente pour l'occasion et emmenée par les deux rédacteurs des Cahiers du Cinéma spécial Eastwood, Serge Toubiana et Nicolas Saada, a pu expimer tout son amour pour le réalisateur. Cette délégation était d'ailleurs composée de quatre cinéastes français venus déclarer leur flamme à l'impitoyable inspecteur harry : Patricia Mazuy (Saint Cyr), Tonie Marshall (Vénus Beauté), Philippe Labro et Olivier Assayas (Les destinées sentimentales). Assayas, qui d'ailleurs a été celui qui a fait decouvrir Eastwood à toute l'équipe des Cahiers du cinéma.

Mais la soirée spéciale Eastwood était loin d'être terminée puisque le diner puis la fête ont terminé la nuit avec éclat et faste.

Diner à l'Etrier, restaurant de l'hôtel Royal, huitres chaudes au menu et autres gâteries, puis une fête au décor très intelligemment mis en valeur par l'équipe de la Warner avec un orchestre de jazz très apprécié par l'ensemble de l'équipe du film, Clint en tête.
Bref une visite et un hommage qui resteront longtemps dans les mémoires des festivaliers.

M. Freeman M. BelluciMorgan Freeman quant à lui n'était venu uniquement pour récompenser son vieil ami Clint, mais aussi pour présenter son dernier film, Under Suspicion, tourné d'ailleurs avec Gene Hackman avec lequel il partagé également l'affiche d'Impitoyable, le film d'Eastwood dans lequel il avait tourné. Under Suspicion est le remake américain de Garde à Vue de Claude Miller. Le film ayant déjà été présenté à Cannes cette année, c'est donc la deuxième fois en quelques mois que Freeman se rend en France. La chose d'ailleurs n'a pas l'air de lui déplaire tant il apparaît à chaque fois serein et détendu. On le serait à moins d'ailleurs, lorsqu'on est accompagné d'une aussi belle femme que Monica Belluci, qui partage l'affiche avec les deux monstres sacrés.

Côté films, la journée était ici britannique, puisque deux réalisateurs d'origine anglaise sont venus présenté leurs derniers films américains. Stephen Frears tout d'abord avec High Fidelity dans lequel John Cusack est un vendeur allumé de vieux disques vinyls des années 60 et 70. Sa boutique est la tanière de gens qui, comme lui, ne jure que par la musique pop qui donne un sens à leur vie et les aide à affronter la si dure réalité quotidienne. Cusack est aussi à l'aise dans ce film que dans Dans la Peau de John Malkovich et Pushin Tin, déjà signé par un autre Britannique Mike Newell, présentés au festival l'année dernière.

Time CodeL'autre film british projeté, multiprojeté devrait-on dire, était Timecode de Mike Figgis. Le film suit en effet quatre personnages chacun filmé en un plan séquence d'une heure et demie. Leurs quatres trajectoires sont présentées simultanément à l'écran, ce qui pose problème pour le sous-titrage de la copie, présentée en version originale non sous-titrée. Mais l'ingéniosité de Figgis permet de suivre l'intrigue sans problème, trop facilement même peut-être. Ce qui pourrait finalement aboutir à la diffusion du film en France. Dans le cas contraire, les festivaliers de Deauville auront été les spectateurs privilégiés d'une expérience inédite.

Frédéric Leconte, Yannis Polinacci