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Robert Altman - Interview

Robert AltmanMonsieur Altman est un homme de conscience, Monsieur Altman ne mâche pas ses mots. A Deauville, il est en campagne et Si Wilma Radar ne l'avait interrompu, il n'aurait parlé que de politique, effaré par le tour que prend la campagne électorale actuelle aux Etats-Unis. Pourtant son Dr T. & the women n'a rien à voir avec le propos. Il est un vibrant hommage aux femmes. Pour les besoins de cette cause, le réalisateur y a transformé Richard Gere en gynécologue.

Wilma Radar : Dans la scène d'ouverture de Mr T, un de vos personnages est allergique à l'ambiance d'un centre commercial, aurait-elle hérité d'une de vos aversions ?

Robert Altman : Je suis incapable de tenir dans un magasin de Dallas plus longtemps que le temps nécessaire pour le traverser de bout en bout. Je suis extrêmement mal à l'aise dès qu'il s'agit de shopping. Si je dois acheter un manteau, j'en ai des sueurs froides pendant deux ou trois jours, avant de me jeter dans le premier magasin et acheter n'importe lequel.

W R. L'idée de vous montrer en public dans un festival est-elle du même ordre ?

Robert AltmanR A. Certainement pas car si Mash n'avait eu la chance d'aller au Festival de Cannes en 1970, il est probable qu'aujourd'hui, je réaliserais des sidcoms à la télévision. Cela m'a été d'une aide immense. Depuis, je soutiens donc le concept de festivals, quelle que soit leur dimension. Être ici aujourd'hui comme à Venise hier ne fait plus aucune différence pour ma carrière, ni pour celle de "Mr T." qui n'a pas besoin de cette publicité, compte tenu des grandes stars de son affiche. J'estime néanmoins qu'il est important de soutenir les jeunes réalisateurs. Ils n'ont pas d'autres lieux pour défendre leurs nouvelles idées et films. Seule une réaction positive dans un festival peut contraindre les distributeurs à miser sur eux.

Pensez-vous qu'il soit de plus en plus difficile d'avoir une attitude satirique dans le monde d'aujourd'hui ?

Avec la campagne présidentielle qui se déroule actuellement chez moi, nous sommes au delà de la satire. Nous nous situons au bord d'un précipice dangereux. Si ce type appelé George Bush est élu cela aura un effet désastreux non seulement sur l'Amérique, mais sur le monde entier. Cet homme est une marionnette, pire encore : une mauvaise marionnette!

Wilma Radar