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K. BaconLe Festival de Deauville, ça commence à Paris ! Quelques heures avant que l'acteur de L'homme sans ombre ne saute dans une limousine pour rallier les plages normandes, Philippine Dautun l'a rencontré au Plazza Athénée. Son teeshirt et jean tous simples s'accordent avec ses propos sans vanité. Pourtant, depuis Footloose, ce comédien d'aujourd'hui 38 ans hante régulièrement le haut du box office comme les écrans avec ses personnages de méchants.

Philippine Dautun : Venir en France et spécialement à Deauville pour défendre votre travail, c'est important ?

Kevin Bacon : Quelle bouffée d'air salutaire! Ici, les journalistes nous parlent de cinéma, mieux encore, lors des conférences de presse, les questions vont aux réalisateurs plus qu'acteurs. Cela nous change du star system d'Hollywood.

PD. Longtemps avant de vous retrouver dans la peau de l'homme invisible, en aviez-vous rêvé ?

KB. Gamin, j'ai souvent rêvé en effet de devenir invisible pour regarder les filles toutes nues! Mais depuis, j'ai eu l'occasion d'en admirer dans leur plus simple appareil. Alors… ce fantasme est passé. Aujourd'hui, la célébrité me donne davantage envie de pouvoir circuler anonymement pour observer le monde sans être dévisagé en retour.

Hollow ManPD. Il paraît que sur le tournage de L'homme sans ombre vous avez tenu un livre de bord?

KB. Je n'ai rien d'un auteur mais durant toute la période de moulages, scannages et autres "sévices" infligés à mon corps, c'est devenu un besoin. J'étais alors terriblement frustré d'être davantage utilisé comme une marionnette que comme un acteur qui fait passer des émotions. Comme je n'aime pas me plaindre sur un plateau, je me suis pas mal défoulé sur le papier.

PD. Cela a-t-il été un tournage difficile ?

KB. Physiquement, je peux endurer bien des choses. Sur ce plan, le souci principal a été causé par cette manie que ma femme et moi partageons de boire énormément d'eau. C'est excellent pour l'économie française, mais cette sorte de combinaison de latex rose dans laquelle j'ai passé une grande partie du tournage enfermait jusqu'à mes mains et m'a posé de sérieux problèmes… pour faire pipi! Cependant, le plus difficile a été de vivre si longtemps à Los Angeles, loin de New York. Avant, mes enfants étant jeunes, nous pouvions facilement emballer nos affaires. Aujourd'hui, à 8 et 11 ans, c'est plus délicat, d'autant que ma femme travaille surtout à New York (Kyra Sedgwick est comédienne aussi, surtout dans des séries télévisées dont aucune à ce jour n'a été diffusée en France).

PD. N'en avez-vous pas assez de jouer les méchants ?

KB. Je considère que ce personnage est aussi éloigné que ceux de Footloose, River wilde, JFK ou Sleepers le sont entre eux. Naturellement nous courrons toujours le risque d'être enfermés dans un registre… c'est vrai, on me propose beaucoup de méchants. Mais il fut un temps où tous m'imaginaient en gamin danseur. Aujourd'hui, je suis content, car je voulais porter différents chapeaux et je l'ai fait.

PG. Et votre prochain chapeau ?

KB. Aucune idée car j'ai décidé de devenir plus prudent sur mes choix. Jusqu'à présent, je me suis fort bien débrouillé avec le boxe office, mais je rêve maintenant de projets plus artistiques.

Entretien : Philippine Dautun