C'est
l'histoire d'une superbe jeune brésilienne qui, lorsqu'elle
fait l'amour, doit être dessus. Son mari, ne supportant pas
cela, la trompe. Et la voilà partie pour San Francisco rejoindre
son amie Monica, un travello black exhubérant originaire lui
aussi de Bahia. Mais réduire la description d'Isabella à ses
positions amoureuse favorites n'est pas vraiment juste car la
jeune femme est aussi victime du mal des transports, sauf quand
elle conduit, doit toujours mener quand elle danse, croit en
une déesse païenne, Yémanja, vivant sous l'océan et surtout
possède une sensualité débordante qu'elle exploite dans sa cuisine
prête à ravir par son fumet épicé le coeur de tous les mâles
alentour. C'est ainsi qu'un producteur habitant près de chez
elle lui propose d'animer une émission culinaire en direct et
que notre Maïté version sirène brésilienne captive tout l'audimat
masculin par ses recettes passionnées et sensuelles. Mais son
mari ne tarde pas à débarquer, prêt à tout pour reconquérir
le coeur de sa belle...
Quinze
ans après son premier opus Oriana qui remporta le prestigieuse
Caméra d'Or, et sept ans après Mécanique Céleste, la réalisatrice
vénézuellienne Fina Torres revient à Cannes avec une " comédie
épicée sur le sexe et la samba ", et le charme opère. Quelques
ingrédients simples ont suffi à cela : un rythme enlevé, des
gags souvent hilarants, des personnages drôles et attachants
et des interprètes séduisants. La recette peut sembler manquer
de fraîcheur mais, à l'image du personnage de Monica, vu et
revu dans de nombreux films et portant très efficace, la sauce
prend et se laisse déguster sans faire la fine bouche. D'autant
que, perle parmi les perles, la sublime Penelope Cruz (remarquée
chez Almodovar, et qui pourrait concourir sans peine au titre
de la plus belle et talentueuse actrice du monde) sait mener
la danse avec un charme débordant prompt à séduire tout spectateur
sceptique.
Yannis Polinacci
Fina
Torres
Un
des thèmes que Fina Torres aime aborder dans ses films est l'exil
et le départ d'une jeune femme pour un pays étranger. C'est
que cette réalisatrice vénézuellienne, née à Caracas en 1951,
a connu un destin semblable puisqu'elle s'installa à Paris pour
étudier le cinéma. Actrice dans Martes y trece, ni te cases
te embarques en 1982, elle devient auteur, réalisateur et producteur
de son premier film Oriana qui remporte la Caméra d'Or à Cannes
en 1985. Suivent ensuite Mécaniques Célestes en 1993 et Woman
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