Sara
Goldfarb vit seule à Coney Island. Mère juive, veuve et fantasque,
elle vit dans l'espoir obsessionnel de participer à son émission
de télévision favorite. Dans cette perspective, elle va suivre
un régime draconien afin de pouvoir entrer dans la robe qu'elle
souhaite porter le grand soir venu. Son fils Harry passe le plus
clair de son temps avec sa petite amie et son copain Tyrone. Leurs
vies et rythmée par les shoots d'héroine et les traffics en tous
genres. En quête d'une vie meilleure, le quatuor est entrainé
dans une spirale infernale qui les projette, toujours un peu plus,
vers la dégradation ...
Auréolé
du succès critique de son premier et précédent film "Pi", le jeune
réalisateur américain Daren Aronofsky est très attendu avec son
deuxième long-métrage. A l'issue de la projection de "Requiem
for a dream", peu de doutes subsistent sur ses dons de cinéaste.
Des bonnes idées de mise en scène, un montage plus qu'efficace,
des choix musicaux sûrs (le Kronos Quartet). Mais Aronofsky use
sans doute un peu trop de la répétition de ses trouvailles (les
scènes de shoot en tête) si bien que l'on se demande si cet usage
répétitif, addictif, est là pour souligner le propos sur les drogues
et la dépendance ou si, tout simplement, il ne s'agit pas là d'un
joujou utilisé jusqu'à l'envi. Tout comme la tendance à ne rien
épargner au spectateur. Les (anti) héros de "Requiem for a dream"
lachent la vraie vie, dérapent et basculent dans la déchéance
la plus noire, gros plans et dégradation physique hyper-réalistes
à l'appui. Le tout est franchement sombre et aurait peut-être
gagné à être plus suggéré. Il n'en demeure pas moins que le film
est l'oeuvre d'un virtuose qui imprime son empreinte originale
dans le cinéma indépendant américain. A suivre de près ...
David Dibilio